Poser son corps dans le monde







Film documentaire en cours d’écriture

Écriture et réalisation : Rose-Marie Loisy

En collaboration avec Bronté Murray, cie Indéfinie


Intentions

Ce projet s’inscrit dans la continuité du travail de recherche sur la thématique de la cécité mené en 2010 intitulé "Sensibilités". 

Face à la la très faible présence de personnes en situation de handicap dans les films et sur les plateaux de danse et théâtre, je m’interroge sur le rapport des personnes déficientes visuelles à l’art comme moyen d’accéder à d’autres visions du monde. Comment perçoivent-elles les oeuvres « visuelles » via l’audio description, pratiquent-elles ces disciplines ? Quelle est leur rapport à l’espace, au mouvement ? Quelle est leur représentation de la beauté ?

Malentendante depuis l’enfance, j’ai appris à lire sur les lèvres et développé une acuité visuelle qui me permet de lire et comprendre l'environnement qui 
m’entoure. J’ai constaté que ces compensations naturelles, corporelles et neurologiques devenaient des outils créatifs puissants pour exprimer notre singularité et partager notre propre vision du monde. 

Ainsi est né le désir d'aller à la rencontre d'adultes déficients visuels afin de les questionner sur ces thématiques puis de leur proposer de réaliser des performances dansées dans l'espace public. Ce travail documentaire est réalisé en collaboration avec Bronté Murray, danseuse et chorégraphe de la compagnie Indéfinie. Intervenante à la Maison de la Danse, elle propose des ateliers hebdomadaires auprès d'un public malvoyant et des audiotines sur certains spectacles. Elle travaille également sur la création d'une pièce chorégraphique immersive sur cette thématique : Ausin.

Convaincue que la danse peut permettre de créer cette passerelle humaine, poétique et empathique pour permettre à chacun de ressentir, découvrir et partager ce qu’il ou elle vit. En suivant le travail de Bronté en parrallèle à la vie quotidienne des personnes déficientes visuelles, je souhaite interroger le validisme dans la danse, valoriser l’importance de l’accessibilité dans les représentations et ainsi contribuer à faire évoluer le regard sur ces questions. J’ai à cœur que ce film soit le miroir de nos perceptions et amène à une société plus inclusive avec davantage de tolérance, de respect et de considération dans notre société normovisuelle.